Entretien | Ireck remonte le temps (1/4)

Entretien avec Ireck Hetmanczyk, supporter depuis les années 1950.

Ireck a occupé divers rôles autour et au sein du club. Supporter, bénévole durant 23 ans (secrétariat, gestion de buvette), l’ancien informaticien a animé la toile boraine en créant un site dédié au RFB, puis une page Facebook, actifs jusqu’en 2015. Il reste un passionné attentif à l’actualité du club. En cette saison du centenaire des débuts du foot boussutois, retraçons en sa compagnie les moments marquants de l’histoire du club.

De quand date votre attachement au club ?

Ce club, c’est toute mon enfance, c’est l’origine de ma vie de supporter. Je suis né en 1945 et je suis le football à Boussu depuis environ 1956. Mon papa était un ouvrier mineur d’origine polonaise qui suivait l’équipe du RSC Boussu-Bois et il m’a emmené avec lui.

L’équipe était composée d’une majorité de personnes qui travaillaient au charbonnage, notamment des Polonais. J’ai été marqué dans les années 1955-1960 par une génération d’excellents joueurs qui travaillaient et sortaient des charbonnages pour jouer au football. Cela attirait des supporters, eux-mêmes mineurs.

L’un de mes premiers matchs de supporter passionné me reste bien en mémoire. C’était en promotion, Boussu-Bois contre Lessines, pour la montée. Alors que nous menions, une bagarre en tribune avant interrompu le match et il avait été remis. Une semaine plus tard, dans une ambiance du tonnerre, avec 4 à 6000 personnes au stade, il avait été rejoué et on avait quand même fini par s’imposer. C’était extraordinaire.

Comment avez-vous vécu l’union entre Boussu et Elouges en 1982 ?

Comme chez tout supporter, une fusion se vit plus ou moins mal, car on ne sait pas ce qui va advenir du club de son cœur. Le président Zarzecki avait trouvé une solution en disant qu’on s’appellerait Boussu-Elouges la première année et qu’on jouerait 6 mois de chaque côté. Le premier tour sur un terrain, et le second sur l’autre. De quoi contenter les deux camps de supporters, en attendant que la communion ne devienne parfaite.

Je pense que cela a été une fusion réussie. Jean Zarzecki avait pris les bonnes décisions. C’était un commercial et il a su faire en sorte de perdre le moins de supporters possible. En prenant le nom « Francs Borains », son but était d’unir tous les clubs du Borinage. Cela n’a pas pu se faire, car des dirigeants n’ont pas suivi. Nous étions alors en provinciale et il y avait énormément de clubs dans la région : Wasmes, Flénu, Frameries, … Nous jouions énormément de derbies et cela attirait du monde. C’était un autre temps, avec encore beaucoup de joueurs du village ou de l’école des jeunes.

Quel souvenir gardez-vous du président Zarzecki ?

Il avait des qualités et des défauts. Mais sans lui, le club serait toujours Boussu-Bois, un petit club qui ne serait pas monté très haut. Il a été un déclencheur. Il avait ses idées et il ne fallait pas y déroger. Son défaut était qu’il s’occupait de tout, même de ce que l’entraîneur faisait. Mais une de ses principales qualités, c’était son esprit commercial. Il parlait à tout le monde, faisait comme s’il vous connaissait depuis un an alors qu’il ne vous avait vu qu’une fois, et il était ambitieux ! Il avait aussi le don de rassembler les bénévoles, en leur jetant des fleurs et qu’ils soient heureux de faire partie du club.

> LIRE L’ÉPISODE 2

Ireck Hetmanczyk, Jean Jonas et Jules Devos en 1989

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